deuxieme-pilier.ch
Prévoyance professionnelle

Travailler après 65 ans : le 2e pilier suivra, même en changeant d'emploi

Le Conseil des États a adopté le 22 septembre la motion 25.4880, déjà acceptée par le Conseil national. Elle demande que la prévoyance professionnelle se poursuive par défaut après l'âge de référence, et qu'un changement d'emploi ou une reprise d'activité ne coupe plus le fil. Le texte est transmis au Conseil fédéral, qui doit maintenant l'écrire dans la loi.

Par Elio Brunet Lecture : 2 minutes 2 sources citées Chiffres arrêtés au 22 septembre 2026
Homme d'une soixantaine d'années au travail dans un bureau lumineux, devant un écran, dans une entreprise suisse

Ce qu'il faut retenir

  • Le Conseil des États a adopté le 22 septembre 2026 la motion 25.4880 d'Andri Silberschmidt, déjà acceptée par le Conseil national. Elle est transmise au Conseil fédéral.
  • La prévoyance LPP se poursuivrait par défaut après l'âge de référence, sauf avis contraire de l'assuré, si le règlement de la caisse le prévoit. Aujourd'hui, l'assuré doit le demander, et le maintien n'est possible que jusqu'à 70 ans.
  • Changer d'employeur, interrompre puis reprendre une activité après 65 ans ne ferait plus perdre ce droit. Le Conseil fédéral veut l'appliquer via la réforme AVS 2030.

Ce que le Parlement a adopté

Le Conseil des États a accepté le 22 septembre la motion 25.4880, déposée par le conseiller national PLR Andri Silberschmidt. Le Conseil national l’avait déjà adoptée. Les deux chambres étant d’accord, le texte est transmis au Conseil fédéral, chargé de modifier les bases légales de la prévoyance professionnelle.

La motion vise les personnes qui continuent à travailler au-delà de l’âge de référence. Elle demande quatre choses :

Ce qui bloque aujourd’hui

L’article 33b de la LPP permet déjà de maintenir la prévoyance au-delà de l’âge de référence, jusqu’à 70 ans au plus. Mais le dispositif a trois limites, rappelées dans le développement de la motion.

L’assuré doit annoncer expressément qu’il veut continuer. Le maintien suppose une activité ininterrompue chez le même employeur. Et le droit s’éteint dès qu’on change d’emploi ou qu’on fait une pause. Un salarié de 66 ans qui rejoint une autre entreprise ne peut donc plus rien verser dans une caisse de pension.

La motion renverse la logique : la prévoyance continue, sauf si l’assuré y renonce. Les règles actuelles de répartition des cotisations entre employeur et salarié continueraient de s’appliquer.

Une estimation immédiate de votre potentiel de rachat

Le test croise votre âge, votre salaire assuré et votre avoir LPP pour estimer ce qu'un rachat pourrait vous faire économiser en impôts. Le résultat s'affiche à l'écran, sans attendre un rappel.

Calculer mon potentiel de rachat

La position du Conseil fédéral

Le Conseil fédéral a proposé d’accepter la motion. Il soutient l’idée que ceux qui travaillent après l’âge de référence puissent continuer à épargner pour leur retraite.

Il va même plus loin que le texte sur un point. Selon lui, cette possibilité ne devrait pas dépendre du règlement de chaque caisse, mais être proposée par toutes les institutions de prévoyance. Il veut l’intégrer à la réforme AVS 2030, qui cherche justement à encourager l’activité au-delà de 65 ans.

Ce que ça change pour un assuré

Rien pour l’instant : il faudra attendre le projet de loi, puis son adoption. Mais la direction est donnée, et elle compte pour qui envisage de travailler quelques années de plus.

Continuer à cotiser après 65 ans augmente l’avoir de vieillesse, donc la rente ou le capital perçu plus tard. Cela modifie aussi le calendrier des décisions de fin de carrière, du rachat avant la retraite au choix entre rente et capital, qui se prendrait plus tard et sur un avoir plus élevé.

L’Union patronale suisse a salué la décision, en insistant sur un point : la liberté des caisses de fixer leur règlement doit être préservée. C’est exactement là que le Conseil fédéral voudrait aller plus loin. Le débat se jouera dans le projet de loi.

Vos questions

Puis-je déjà cotiser à la LPP après 65 ans ?

Oui, mais sous conditions. La loi permet aujourd'hui de maintenir la prévoyance jusqu'à 70 ans si la caisse le prévoit et si l'assuré l'annonce expressément. Le droit tombe en cas de changement d'employeur ou d'interruption de l'activité. C'est ce que la motion veut corriger.

La nouvelle règle s'applique-t-elle dès maintenant ?

Non. Une motion adoptée charge le Conseil fédéral de préparer une modification de loi. Il entend la mettre en œuvre dans le cadre de la réforme AVS 2030, qui devra à son tour passer devant le Parlement.

Ma caisse de pension sera-t-elle obligée de l'offrir ?

Pas selon le texte de la motion, qui réserve le règlement de chaque institution. Le Conseil fédéral a indiqué qu'à son avis cette possibilité devrait être proposée par toutes les caisses, sans dépendre du règlement. L'arbitrage se fera dans le projet de loi.

Et pour votre dossier, ça donne quoi ?

9 questions, votre estimation à la fin, et un bilan offert si vous le souhaitez.

Commencer le test