Que devient le 2e pilier d’un frontalier en fin d’activité ?
Quand un frontalier cesse de travailler en Suisse sans reprendre d’emploi chez un employeur suisse, son avoir LPP quitte la caisse de pension pour un compte ou une police de libre passage. La part obligatoire y reste en principe bloquée jusqu’à la retraite ; la part surobligatoire, elle, peut être versée.
Cette règle en deux temps est propre aux résidents de l’UE et de l’AELE, et elle conditionne tout le reste : le moment où vous toucherez l’argent, le fisc qui le taxera, et ce que vous pouvez encore en faire d’ici là.
Pendant l’activité, un assuré LPP comme les autres
Résider en France, en Allemagne ou en Italie ne change rien à l’affiliation : le frontalier salarié en Suisse est soumis à la prévoyance professionnelle aux mêmes conditions que ses collègues domiciliés sur place. Mêmes seuils, même salaire coordonné, mêmes bonifications de vieillesse créditées année après année, même certificat de prévoyance envoyé par la caisse.
Ces mécanismes communs sont détaillés dans le guide complet du 2e pilier ; retenez simplement qu’à la fin d’une carrière frontalière, l’avoir accumulé en Suisse représente souvent une part importante du patrimoine, construite dans une monnaie et sous un droit qui ne sont pas ceux du pays de résidence.
La sortie de la caisse de pension : direction le libre passage
Le jour où le contrat de travail suisse prend fin sans qu’un nouvel employeur suisse prenne le relais, la caisse de pension n’a plus le droit de garder l’avoir. Elle établit un décompte de sortie et vire la prestation vers l’institution que vous désignez : un compte auprès d’une fondation bancaire ou une police auprès d’une fondation d’assurance. Le fonctionnement de ces deux formes, compte et police de libre passage, fait l’objet d’un article dédié.
Pour un frontalier, ce passage est souvent définitif : sauf retour en emploi en Suisse, l’avoir restera en libre passage jusqu’à son versement. Il continue de produire des intérêts, mais plus aucune cotisation ne l’alimente, et il demeure régi par le droit suisse.
La règle UE/AELE : deux parts, deux sorts
Un départ à l’étranger n’ouvre pas un droit de retrait total. Tant que vous êtes soumis à l’assurance obligatoire contre la vieillesse, l’invalidité et le décès dans votre pays de résidence, ce qui est le cas de la quasi-totalité des actifs résidant en France ou ailleurs dans l’UE, la loi distingue deux parts dans votre avoir :
- La part obligatoire, celle qui correspond au régime minimal LPP : elle reste bloquée en Suisse, sur le compte ou la police de libre passage, jusqu’à la retraite ou jusqu’à un autre motif légal de versement.
- La part surobligatoire, tout ce que le plan de votre caisse prévoyait au-delà du minimum : elle peut être versée en espèces dès la fin de l’assujettissement en Suisse.
L’assujettissement dans le pays de résidence est vérifié au moment de la demande, sur la base d’une attestation. Le détail de la procédure et des cas particuliers relève d’un autre scénario, le retrait du 2e pilier en cas de départ de Suisse, qui vaut aussi pour ceux qui quittent le pays après y avoir vécu.