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LPP et 2e pilier

Cotisation LPP : salaire minimum, seuil d'entrée et part de l'employeur

En 2026, vous cotisez au 2e pilier dès que votre salaire annuel atteint 22 680 francs chez un même employeur. Voici tous les montants en vigueur cette année, ce que l'employeur paie de sa poche, et ce qui change avant 25 ans, après 65 ans ou à temps partiel.

Par Elio Brunet Publié le 8 septembre 2026 Lecture : 4 minutes
Fiche de salaire vierge et calculatrice posées sur un bureau en bois dans un appartement suisse lumineux

L'essentiel en 30 secondes

  • En 2026, l'affiliation LPP est obligatoire dès 22 680 CHF de salaire annuel auprès d'un même employeur.
  • La cotisation se calcule après une déduction de coordination de 26 460 CHF, avec un salaire coordonné plancher de 3 780 CHF.
  • L'employeur finance au moins la moitié de l'ensemble des cotisations : la loi l'impose, son règlement peut aller au-delà.

À partir de quel salaire cotise-t-on à la LPP ?

En 2026, vous cotisez à la LPP dès que votre salaire annuel atteint 22 680 francs auprès d’un même employeur. La cotisation ne se calcule pas sur ce salaire entier mais sur le salaire coordonné, après une déduction de 26 460 francs, et l’employeur en paie au moins la moitié.

Ce seuil d’entrée, parfois appelé salaire minimum LPP, s’apprécie contrat par contrat. En dessous, l’employeur n’a aucune obligation de vous affilier à sa caisse de pension pour ce poste, même si vos revenus cumulés dépassent largement la barre. Au-dessus, l’affiliation est automatique : vous n’avez rien à demander ni à signer.

Pourquoi cotiser sur une base réduite plutôt que sur le brut ? Parce que la première tranche du revenu est déjà couverte par l’AVS ; la logique de cette frontière entre les deux étages est posée dans le guide de la LPP. Cette page-ci s’en tient aux montants : ce qui est en vigueur en 2026, et ce que cela donne en francs sur des cas concrets.

Les montants LPP 2026, en un tableau

Les montants-limites au 1er janvier 2026 sont publiés par l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS). Ils sont inchangés par rapport à 2025 : l’introduction de la 13e rente AVS n’y change rien.

Montant 2026 Valeur
Seuil d’entrée (salaire annuel minimal) 22 680 CHF
Déduction de coordination 26 460 CHF
Salaire coordonné minimal 3 780 CHF
Limite supérieure du salaire annuel 90 720 CHF
Salaire coordonné maximal (90 720 moins 26 460) 64 260 CHF

Deux lignes méritent un mot. Le salaire coordonné minimal de 3 780 francs protège les salaires proches du seuil : quand la soustraction donne moins, c’est ce plancher qui s’applique. Un salaire de 28 000 francs laisse par exemple 1 540 francs après déduction ; la caisse assure alors 3 780 francs.

La limite supérieure de 90 720 francs borne le régime obligatoire : la part du salaire qui dépasse ce plafond n’a pas à être assurée selon la LPP. Beaucoup de caisses de pension l’assurent quand même, dans la partie dite surobligatoire, selon leur règlement.

Qui paie quoi : la part de l’employeur

La règle légale tient en une phrase : l’employeur prend en charge au moins la moitié de l’ensemble des cotisations. Votre part est retenue chaque mois sur le salaire et apparaît sur la fiche de paie ; la sienne part directement à la caisse de pension, sans transiter par votre compte.

L’épargne vieillesse suit les taux légaux par tranche d’âge : 7 % du salaire coordonné de 25 à 34 ans, 10 % de 35 à 44 ans, 15 % de 45 à 54 ans, 18 % de 55 à 65 ans. En francs, pour un salaire de 60 000 francs, soit un salaire coordonné de 33 540 francs : la bonification annuelle atteint environ 2 348 francs à 30 ans et 6 037 francs à 56 ans. Dans le premier cas, cela représente moins de 200 francs par mois, dont au plus la moitié à votre charge.

À ces montants s’ajoutent les cotisations pour les risques d’invalidité et de décès, ainsi que les frais, fixés par chaque caisse. Le passage complet du salaire brut à la retenue sur la fiche de paie est déroulé, étape par étape, dans le calcul de la cotisation LPP.

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Avant 25 ans, après 65 ans : ce que l’âge change

Avant 25 ans, vous cotisez dès que votre salaire franchit le seuil, mais uniquement pour l’assurance des risques : invalidité et décès. La retenue est modeste et aucun avoir de vieillesse ne se constitue. L’épargne démarre à 25 ans, avec le premier palier de 7 %.

À l’autre bout de la carrière, l’âge de référence de 65 ans marque la fin de l’obligation de cotiser. Si vous poursuivez une activité au-delà, la plupart des règlements permettent de continuer l’épargne, avec une rente plus élevée à la clé ; c’est une possibilité offerte par la caisse, pas un droit garanti par le régime minimal.

Temps partiel : pourquoi la cotisation paraît si faible

La déduction de coordination est un montant fixe, identique que vous travailliez à 100 % ou à 40 %. Elle pèse donc bien plus lourd sur un petit salaire : à 40 000 francs par an, le salaire coordonné tombe à 13 540 francs, à peine un tiers du brut. La retenue mensuelle semble légère, mais l’avoir de vieillesse se construit au ralenti, et l’écart se retrouve dans la rente.

Le montant final ne dépend d’ailleurs pas que des versements : une fois l’avoir constitué, c’est le taux de conversion qui le transforme en rente annuelle, et il s’applique de la même façon quel que soit le parcours de cotisation.

Des années sous le seuil, à temps partiel ou à l’étranger laissent des trous dans l’épargne obligatoire. Ces lacunes se comblent par des rachats, déductibles du revenu imposable l’année du versement : la première étape consiste à situer votre potentiel de rachat, avant de régler le montant et le calendrier avec un conseiller. Pour les chiffres exacts de votre situation, votre certificat LPP fait foi.

Vos questions

Que se passe-t-il si je cumule plusieurs emplois sous le seuil LPP ?

Aucune affiliation automatique : le seuil de 22 680 francs s'apprécie pour chaque employeur séparément. Vous pouvez donc gagner 40 000 francs au total sans être assuré nulle part. Une assurance facultative reste possible pour l'ensemble de vos salaires, notamment auprès de la caisse de l'un de vos employeurs si son règlement le prévoit, mais la démarche vous revient : personne ne la fera pour vous.

Comment se répartit la cotisation LPP entre employeur et salarié ?

La loi fixe un plancher : l'employeur finance au moins la moitié du total des cotisations, épargne, risques et frais compris. Votre part est retenue sur le salaire et figure sur la fiche de paie. Beaucoup de règlements vont au-delà du minimum légal et mettent une part plus grande à la charge de l'entreprise ; le règlement de votre caisse fait foi.

Cotise-t-on à la LPP avant 25 ans ?

Oui, dès que le salaire dépasse le seuil d'entrée, mais seulement pour couvrir les risques d'invalidité et de décès. La retenue est faible et aucun avoir de vieillesse ne se constitue. L'épargne proprement dite commence à 25 ans, avec une bonification de 7 % du salaire coordonné, et court jusqu'à l'âge de référence de 65 ans.

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