Rente ou capital : la réponse en bref
Il n’existe pas de bon choix valable pour tous. La rente garantit un revenu régulier jusqu’à votre décès, mais elle s’éteint pour l’essentiel avec vous. Le capital vous laisse la libre disposition de votre avoir, mais transfère sur vos épaules le risque de vivre longtemps et la charge de la gestion.
La question se pose à l’approche de l’âge de référence de 65 ans, quand la caisse de pension vous demande sous quelle forme elle versera votre avoir de vieillesse. Tout ce qui précède cette échéance, de l’affiliation à la lecture du certificat LPP, est posé dans le guide ; cette page se concentre sur la décision finale.
Un préalable avant de comparer : le montant de la rente n’a rien d’abstrait. Il résulte d’un pourcentage appliqué à votre avoir au moment du départ, et ce taux de conversion mérite d’être compris avant de trancher, puisqu’il fixe ce que chaque franc épargné rapportera en rente annuelle.
Le face-à-face en six critères
| Critère | Rente | Capital |
|---|---|---|
| Sécurité du revenu | Versé à vie, quel que soit votre âge au décès | À vous de faire durer l’avoir |
| Fiscalité | Imposée chaque année comme revenu ordinaire | Imposition unique, séparée, à barème réduit |
| Décès | Rente de conjoint selon le règlement, le solde reste en principe acquis à la caisse | Le montant restant revient à la succession |
| Inflation | Montant nominal figé, indexation non garantie | Possibilité d’investir pour compenser le renchérissement, sans garantie |
| Longévité | Le risque est porté par la caisse | Le risque est porté par vous |
| Gestion | Aucune décision à prendre | Placements, retraits et budget à piloter sur des décennies |
Aucune colonne ne l’emporte sur toute la ligne. C’est la pondération de ces critères, appliquée à votre situation, qui donne la réponse.
Sécurité à vie contre libre disposition
La rente fonctionne comme une assurance : la caisse s’engage à verser le même montant tant que vous vivez, à 70 ans comme à 95. Vous ne pouvez ni épuiser cette source de revenu, ni la dilapider, ni subir un mauvais placement. En contrepartie, l’argent ne vous appartient plus : impossible d’en mobiliser une partie pour un projet, une dette ou un coup dur.
Le capital inverse la logique. L’avoir arrive sur votre compte et vous en disposez librement : rembourser une hypothèque, financer un projet, organiser une donation, moduler vos retraits selon les années. La liberté a son revers : l’avoir doit durer aussi longtemps que vous, et personne ne connaît cette échéance à l’avance.
La fiscalité ne frappe pas au même moment
La rente s’ajoute chaque année à vos autres revenus, AVS comprise, et le tout est imposé comme revenu ordinaire, votre vie durant. Année après année, la ponction se répète.
Le capital est imposé une seule fois, au versement, séparément de vos autres revenus et à un barème réduit qui dépend du canton et de la commune. Le capital net rejoint ensuite votre fortune imposable, et ses rendements votre revenu. La comparaison chiffrée entre les deux régimes dépend donc de votre commune et de votre espérance de vie ; l’imposition du retrait en capital détaille ce que le fisc prélève au passage.