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LPP et 2e pilier

Calcul LPP : cotisations, avoir de vieillesse et rente, pas à pas

Le calcul LPP suit un enchaînement fixe : votre salaire AVS devient un salaire coordonné, qui détermine une bonification annuelle, qui alimente un avoir rémunéré, converti en rente à la retraite. Voici chaque étape, déroulée sur un exemple chiffré avec les valeurs 2026.

Par Elio Brunet Publié le 22 août 2026 Lecture : 4 minutes
Calculatrice et documents de prévoyance posés sur un bureau devant un ordinateur portable

L'essentiel en 30 secondes

  • Tout part du salaire coordonné : le salaire AVS moins la déduction de coordination de 26 460 CHF (valeur 2026).
  • Chaque année, la caisse crédite une bonification de 7 à 18 % du salaire coordonné selon l'âge, plus l'intérêt sur l'avoir déjà accumulé.
  • À la retraite, l'avoir de vieillesse est transformé en rente par le taux de conversion ; votre certificat LPP détaille chacun de ces montants.

Le calcul LPP en quatre étapes

Le calcul LPP s’enchaîne toujours dans le même ordre : le salaire AVS moins la déduction de coordination donne le salaire coordonné ; un pourcentage lié à l’âge en fait la bonification annuelle ; les bonifications s’additionnent avec intérêts pour former l’avoir de vieillesse ; à la retraite, cet avoir est converti en rente.

Pour rendre chaque étape concrète, suivons un exemple volontairement simplifié, construit sur les valeurs légales 2026 du régime obligatoire : une salariée de 40 ans, salaire AVS de 80 000 CHF, sans part surobligatoire. Aucun cas réel ne colle exactement à ce scénario, mais la mécanique, elle, est la même pour tout le monde.

Étape 1 : du salaire AVS au salaire coordonné

Première vérification : le salaire annuel auprès de l’employeur atteint-il le seuil d’entrée de 22 680 CHF (2026) ? En dessous, pas d’assurance obligatoire pour ce poste. Au-dessus, la caisse de pension retranche du salaire AVS la déduction de coordination, fixée à 26 460 CHF en 2026.

Dans notre exemple : 80 000 CHF moins 26 460 CHF donnent un salaire coordonné de 53 540 CHF. C’est ce montant, et non le salaire brut, qui sert de base à toute la suite. Le fonctionnement du seuil d’entrée et la répartition de la facture entre employeur et salarié sont détaillés dans la page consacrée à la cotisation LPP et au salaire minimum.

Étape 2 : la bonification annuelle selon l’âge

Chaque année, la caisse crédite le compte d’une bonification de vieillesse : un pourcentage du salaire coordonné qui grimpe par paliers, 7 % de 25 à 34 ans, 10 % de 35 à 44 ans, 15 % de 45 à 54 ans, 18 % de 55 à 65 ans (taux légaux minimaux 2026).

À 40 ans, notre salariée est dans la tranche à 10 % : sa bonification annuelle s’élève à 5 354 CHF. La logique de ces paliers, et ce que les caisses peuvent prévoir au-delà du minimum légal, sont repris dans le guide du fonctionnement du 2e pilier.

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Étape 3 : l’avoir de vieillesse, un cumul avec intérêts

Les bonifications ne s’empilent pas à sec : l’avoir déjà accumulé porte intérêt. Pour la part obligatoire, la loi impose un plancher, le taux d’intérêt minimal. C’est le Conseil fédéral qui le fixe, chaque année, sur recommandation de la Commission fédérale LPP : pour 2026, il l’a maintenu à 1,25 % par sa décision du 5 novembre 2025, publiée par l’Office fédéral des assurances sociales.

Supposons que notre salariée ait déjà accumulé 150 000 CHF d’avoir de vieillesse. L’année de ses 40 ans se résume alors ainsi :

Poste Montant
Salaire AVS 80 000 CHF
Déduction de coordination (2026) 26 460 CHF
Salaire coordonné 53 540 CHF
Bonification de vieillesse (10 % à 40 ans) 5 354 CHF
Intérêt minimal (1,25 % sur 150 000 CHF) 1 875 CHF
Total crédité dans l’année 7 229 CHF

D’une année à l’autre, l’intérêt porte sur un avoir toujours plus gros, et la bonification change de palier à 45 puis 55 ans : la croissance s’accélère en seconde partie de carrière. Les caisses restent libres de rémunérer mieux que le minimum, notamment sur la part surobligatoire, où le taux relève de leur règlement.

Étape 4 : de l’avoir accumulé à la rente

À l’âge de référence de 65 ans, l’avoir de vieillesse final est transformé en rente annuelle par un pourcentage appelé taux de conversion : un avoir multiplié par ce taux donne la rente versée chaque année, à vie. Son niveau, la différence entre part obligatoire et part surobligatoire et les raisons de son évolution méritent une explication à part entière : le taux de conversion fait l’objet d’une page dédiée.

Retenez simplement qu’à ce stade, chaque franc compte double : tout ce qui a grossi l’avoir en amont, bonifications, intérêts ou versements volontaires, se retrouve multiplié par le taux au moment de la conversion.

Le certificat LPP fait le calcul pour vous

Bonne nouvelle : vous n’avez pas à dérouler cette arithmétique vous-même. Le certificat de prévoyance envoyé chaque année par votre caisse contient déjà votre salaire coordonné, l’avoir acquis et une projection des prestations à la retraite.

Cette projection reste une estimation : elle suppose un salaire constant, un taux d’intérêt de projection et le taux de conversion actuel du règlement. Trois hypothèses qui bougeront d’ici votre retraite, dans un sens ou dans l’autre. Seul l’avoir déjà acquis est ferme.

Refaire le calcul à la main garde pourtant un intérêt : repérer un salaire coordonné qui ne correspond plus à votre taux d’activité, une lacune qui se creuse, ou une marge de versement volontaire. Sur ce dernier point, vous pouvez estimer votre potentiel de rachat et l’économie d’impôt associée en quelques minutes, avant d’en préparer les arbitrages avec un conseiller.

Vos questions

Qui fixe le taux d'intérêt minimal LPP, et à quel moment ?

Le Conseil fédéral, chaque année, après avoir recueilli la recommandation de la Commission fédérale LPP et l'avis des partenaires sociaux. La décision tombe en principe à l'automne pour l'année suivante : pour 2026, il a maintenu le taux à 1,25 % lors de sa séance du 5 novembre 2025. Ce taux s'applique à la part obligatoire de l'avoir de vieillesse.

Pourquoi la projection du certificat LPP n'est-elle pas garantie ?

Parce qu'elle repose sur des hypothèses : votre salaire actuel maintenu jusqu'à 65 ans, un taux d'intérêt de projection constant et le taux de conversion en vigueur dans le règlement. Chacun de ces paramètres peut évoluer d'ici votre retraite. Seul l'avoir de vieillesse déjà acquis, indiqué sur le même document, est un montant ferme.

Comment le temps partiel modifie-t-il le calcul LPP ?

La déduction de coordination est un montant fixe : retranchée d'un salaire réduit, elle pèse proportionnellement beaucoup plus lourd. Le salaire coordonné fond, la bonification annuelle aussi, et l'avoir progresse lentement. Certaines caisses de pension adaptent la déduction au taux d'occupation dans leur règlement ; votre certificat montre ce qui vous est réellement appliqué.

Et pour votre dossier, ça donne quoi ?

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