Le calcul LPP en quatre étapes
Le calcul LPP s’enchaîne toujours dans le même ordre : le salaire AVS moins la déduction de coordination donne le salaire coordonné ; un pourcentage lié à l’âge en fait la bonification annuelle ; les bonifications s’additionnent avec intérêts pour former l’avoir de vieillesse ; à la retraite, cet avoir est converti en rente.
Pour rendre chaque étape concrète, suivons un exemple volontairement simplifié, construit sur les valeurs légales 2026 du régime obligatoire : une salariée de 40 ans, salaire AVS de 80 000 CHF, sans part surobligatoire. Aucun cas réel ne colle exactement à ce scénario, mais la mécanique, elle, est la même pour tout le monde.
Étape 1 : du salaire AVS au salaire coordonné
Première vérification : le salaire annuel auprès de l’employeur atteint-il le seuil d’entrée de 22 680 CHF (2026) ? En dessous, pas d’assurance obligatoire pour ce poste. Au-dessus, la caisse de pension retranche du salaire AVS la déduction de coordination, fixée à 26 460 CHF en 2026.
Dans notre exemple : 80 000 CHF moins 26 460 CHF donnent un salaire coordonné de 53 540 CHF. C’est ce montant, et non le salaire brut, qui sert de base à toute la suite. Le fonctionnement du seuil d’entrée et la répartition de la facture entre employeur et salarié sont détaillés dans la page consacrée à la cotisation LPP et au salaire minimum.
Étape 2 : la bonification annuelle selon l’âge
Chaque année, la caisse crédite le compte d’une bonification de vieillesse : un pourcentage du salaire coordonné qui grimpe par paliers, 7 % de 25 à 34 ans, 10 % de 35 à 44 ans, 15 % de 45 à 54 ans, 18 % de 55 à 65 ans (taux légaux minimaux 2026).
À 40 ans, notre salariée est dans la tranche à 10 % : sa bonification annuelle s’élève à 5 354 CHF. La logique de ces paliers, et ce que les caisses peuvent prévoir au-delà du minimum légal, sont repris dans le guide du fonctionnement du 2e pilier.
Étape 3 : l’avoir de vieillesse, un cumul avec intérêts
Les bonifications ne s’empilent pas à sec : l’avoir déjà accumulé porte intérêt. Pour la part obligatoire, la loi impose un plancher, le taux d’intérêt minimal. C’est le Conseil fédéral qui le fixe, chaque année, sur recommandation de la Commission fédérale LPP : pour 2026, il l’a maintenu à 1,25 % par sa décision du 5 novembre 2025, publiée par l’Office fédéral des assurances sociales.
Supposons que notre salariée ait déjà accumulé 150 000 CHF d’avoir de vieillesse. L’année de ses 40 ans se résume alors ainsi :
| Poste |
Montant |
| Salaire AVS |
80 000 CHF |
| Déduction de coordination (2026) |
26 460 CHF |
| Salaire coordonné |
53 540 CHF |
| Bonification de vieillesse (10 % à 40 ans) |
5 354 CHF |
| Intérêt minimal (1,25 % sur 150 000 CHF) |
1 875 CHF |
| Total crédité dans l’année |
7 229 CHF |
D’une année à l’autre, l’intérêt porte sur un avoir toujours plus gros, et la bonification change de palier à 45 puis 55 ans : la croissance s’accélère en seconde partie de carrière. Les caisses restent libres de rémunérer mieux que le minimum, notamment sur la part surobligatoire, où le taux relève de leur règlement.
Étape 4 : de l’avoir accumulé à la rente
À l’âge de référence de 65 ans, l’avoir de vieillesse final est transformé en rente annuelle par un pourcentage appelé taux de conversion : un avoir multiplié par ce taux donne la rente versée chaque année, à vie. Son niveau, la différence entre part obligatoire et part surobligatoire et les raisons de son évolution méritent une explication à part entière : le taux de conversion fait l’objet d’une page dédiée.
Retenez simplement qu’à ce stade, chaque franc compte double : tout ce qui a grossi l’avoir en amont, bonifications, intérêts ou versements volontaires, se retrouve multiplié par le taux au moment de la conversion.
Le certificat LPP fait le calcul pour vous
Bonne nouvelle : vous n’avez pas à dérouler cette arithmétique vous-même. Le certificat de prévoyance envoyé chaque année par votre caisse contient déjà votre salaire coordonné, l’avoir acquis et une projection des prestations à la retraite.
Cette projection reste une estimation : elle suppose un salaire constant, un taux d’intérêt de projection et le taux de conversion actuel du règlement. Trois hypothèses qui bougeront d’ici votre retraite, dans un sens ou dans l’autre. Seul l’avoir déjà acquis est ferme.
Refaire le calcul à la main garde pourtant un intérêt : repérer un salaire coordonné qui ne correspond plus à votre taux d’activité, une lacune qui se creuse, ou une marge de versement volontaire. Sur ce dernier point, vous pouvez estimer votre potentiel de rachat et l’économie d’impôt associée en quelques minutes, avant d’en préparer les arbitrages avec un conseiller.