Comment Neuchâtel impose-t-il le capital du 2e pilier ?
L’État de Neuchâtel soumet la prestation en capital du 2e pilier à une imposition séparée, sous forme d’un impôt annuel entier, « calculé sur la base d’un taux représentant le quart du barème déterminant pour l’impôt sur le revenu », dit l’article 42 de la loi sur les contributions directes (LCdir). Le taux de base ne peut pas descendre sous 2,5 %. Voici le résultat pour trois capitaux, à Neuchâtel-ville, en 2026 :
| Capital LPP retiré | Taux de base, personne seule | Impôt cantonal et communal, personne seule | Taux de base, couple | Impôt cantonal et communal, couple | Impôt fédéral direct, personne seule |
|---|---|---|---|---|---|
| 70 000 CHF | 2,5 % (plancher) | 3 308 CHF | 2,5 % (plancher) | 3 308 CHF | 194 CHF |
| 250 000 CHF | 3,32 % | 15 661 CHF | 2,95 % | 13 931 CHF | 3 901 CHF |
| 400 000 CHF | 3,34 % | 25 240 CHF | 3,31 % | 25 017 CHF | 7 861 CHF |
Ces montants appliquent l’article 42 au barème légal 2024 à 2026 (article 40bquater LCdir), puis le coefficient cantonal de 124 % et le coefficient communal de 65 % de la ville de Neuchâtel. L’impôt fédéral direct (IFD) est le cinquième du barème fédéral 2026. Ce sont nos calculs, à recouper sur la calculette officielle du canton.
Deux choses frappent. Le taux d’imposition de base plafonne vite : 3,32 % à 250 000 francs, 3,34 % à 400 000, parce que le barème neuchâtelois du revenu ralentit fortement au-delà de 206 000 francs. Et l’avantage des couples fond sur les gros montants, parce que leur taux est lu sur 52 % du total et non sur la moitié.
Le plancher de 2,5 % : ce qu’il coûte vraiment
Le plancher est la spécificité neuchâteloise, un taux spécial qui vise les petits et moyens capitaux. Pour une personne seule, le quart du taux du barème donne 1,82 % à 40 000 francs et 2,39 % à 70 000 francs. Dans les deux cas, le taux de base remonte à 2,5 %.
En francs, l’effet reste limité. À Neuchâtel-ville, 70 000 francs coûtent 3 308 francs d’impôt cantonal et communal (ICC) avec le plancher, contre environ 3 164 francs sans lui : 144 francs de plus. Sur 40 000 francs, l’écart dépasse 500 francs. Le plancher cesse de jouer vers 80 000 francs pour une personne seule, et vers 150 000 francs pour un couple, dont le taux se lit sur 52 % du capital.
C’est le point faible assumé du système pour un avoir modeste, par exemple une prestation de libre passage de quelques dizaines de milliers de francs retirée pour se mettre à son compte ou pour financer un logement. Fribourg, à l’inverse, taxe les premiers 50 000 francs à 1 % : le barème fribourgeois par tranches ménage davantage ces montants.
Coefficient cantonal de 124 % et commune : lire la facture
L’article 3 LCdir fixe la mécanique : l’impôt calculé selon le barème est l’impôt de base, et le coefficient « est un facteur multiplicateur de l’impôt de base ». Le Grand Conseil fixe le coefficient cantonal, le Conseil général de chaque commune le sien. Les instructions du service cantonal des contributions le traduisent simplement : l’impôt de base multiplié par le coefficient cantonal donne l’impôt cantonal, multiplié par le coefficient communal il donne l’impôt communal.
Pour 2026, le coefficient cantonal est de 124 %, comme en 2025 (125 % en 2024). Côté communes, la liste officielle affiche notamment 63 % à Milvignes, 65 % à Neuchâtel, 66 % à Val-de-Ruz, 69 % au Locle, 75 % à La Chaux-de-Fonds et 76 % à Val-de-Travers. Sur un capital de 250 000 francs, l’ICC d’un contribuable seul va de 15 496 francs à Milvignes à 16 490 francs à La Chaux-de-Fonds : la charge fiscale varie de près de 1 000 francs selon la commune.